Kiwi et éthylène : pourquoi le kiwi mûrit-il trop vite en chambre froide ?
Un lot de kiwis peut être maintenu à basse température et pourtant perdre progressivement sa fermeté. Pour un producteur, une coopérative, une station fruitière ou un grossiste, cette évolution peut réduire la durée de stockage disponible, compliquer la commercialisation et augmenter le déclassement des fruits.
L’une des causes à rechercher est la présence d’éthylène dans l’air de la chambre froide.
Le kiwi est en effet particulièrement sensible à cette hormone végétale gazeuse. Cette sensibilité existe même lorsque la concentration d’éthylène paraît extrêmement faible et même lorsque les fruits sont conservés à basse température.
Pour les installations devant conserver les kiwis pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois, contrôler l’éthylène devient donc un véritable paramètre de stockage, au même titre que la température, l’humidité relative ou l’atmosphère contrôlée.
La technologie Bio Turbo apporte une réponse spécifique à cette problématique : l’air de la chambre froide est traité en continu afin de réduire l’éthylène, sans diffuser directement l’ozone utilisé par le procédé dans le volume de stockage.
Pourquoi les kiwis ramollissent-ils en chambre froide ?
Le ramollissement d’un kiwi après récolte est un phénomène physiologique normal. Le fruit reste vivant : il respire, son métabolisme continue et sa structure évolue progressivement.
La température permet de ralentir ces mécanismes, mais elle ne suffit pas nécessairement à les arrêter.
Plusieurs paramètres peuvent intervenir :
- la maturité du fruit au moment de la récolte ;
- la température de conservation ;
- l’humidité relative ;
- la durée de stockage ;
- les conditions d’atmosphère contrôlée ;
- les chocs et blessures du fruit ;
- les contaminations fongiques ;
- et surtout l’exposition à l’éthylène.
Lorsqu’un lot perd sa fermeté plus rapidement que prévu, il est donc pertinent de s’intéresser non seulement à la température de la chambre mais également à la concentration d’éthylène réellement présente dans l’air.
Le kiwi est extrêmement sensible à l’éthylène
C’est précisément ce qui différencie le kiwi de nombreux autres fruits. Selon les données post-récolte de l’University of California Davis, des concentrations d’éthylène aussi faibles que 5 à 10 ppb peuvent provoquer un ramollissement du kiwi.
Pour comprendre l’ordre de grandeur :
- 1 ppm = 1 000 ppb ;
- 10 ppb = 0,01 ppm ;
- 5 ppb = 0,005 ppm.
Nous sommes donc très loin des concentrations habituellement exprimées en ppm dans de nombreuses applications industrielles.
Une étude publiée dans Postharvest Biology and Technology sur le kiwi Hayward a également montré qu’une exposition continue à seulement 0,01 µL/L d’éthylène, soit environ 10 ppb, pouvait accélérer la perte de fermeté pendant un stockage frigorifique à 0 °C.
Autrement dit : une chambre froide peut être correctement réglée en température tout en présentant une concentration d’éthylène suffisante pour accélérer le ramollissement des kiwis.
Le froid ne supprime donc pas complètement le problème de l’éthylène
C’est un point important pour les professionnels du stockage.
À basse température, l’activité métabolique du kiwi ralentit fortement. Mais sa sensibilité à l’éthylène reste suffisamment importante pour que de très faibles concentrations puissent avoir un effet.
L’UC Davis recommande notamment, dans le cadre du stockage en atmosphère contrôlée, de maintenir la concentration d’éthylène en dessous de 20 ppb afin de limiter l’accélération du ramollissement et certains désordres physiologiques. Cette donnée montre pourquoi une approche consistant uniquement à surveiller la température peut être insuffisante.
D’où vient l’éthylène dans une chambre froide de kiwis ?
L’éthylène peut avoir plusieurs origines.
Les kiwis eux-mêmes
Les kiwis non mûrs produisent relativement peu d’éthylène. Leur production augmente cependant fortement lorsqu’ils entrent dans leur phase de maturation.
Quelques fruits plus avancés peuvent donc participer à l’augmentation de la concentration dans une chambre fermée.
Les autres fruits stockés à proximité
C’est l’un des points les plus importants dans les plateformes multi-produits.
Pommes, poires, avocats, bananes, tomates et plusieurs autres fruits climactériques peuvent émettre de l’éthylène.
Le stockage ou le transit de kiwis dans une zone communiquant avec des produits fortement émetteurs peut donc favoriser leur exposition.
Pour en savoir plus sur le mécanisme, consultez notre dossier consacré à l’élimination de l’éthylène dans les lieux de stockage.
Les opérations de manutention et les ouvertures de chambres
L’éthylène peut également circuler entre différentes zones d’un entrepôt :
- sas ;
- zones de préparation ;
- chambres voisines ;
- quais ;
- couloirs de circulation d’air ;
- retours d’air de ventilation.
La problématique doit donc être envisagée à l’échelle du stockage et pas uniquement du fruit.
Quels sont les signes d’une exposition excessive à l’éthylène ?
Un problème d’éthylène n’est pas toujours visible immédiatement.
Plusieurs observations peuvent néanmoins alerter :
- perte de fermeté plus rapide que prévu ;
- hétérogénéité importante entre palettes ou zones de la chambre ;
- lots devenant commercialisables plus rapidement que prévu ;
- diminution de la fenêtre disponible pour l’expédition ;
- maturation accélérée après sortie de chambre ;
- augmentation des fruits trop mous ;
- déclassement d’une partie du stock.
Le diagnostic devient particulièrement intéressant lorsque les températures sont correctes mais que le kiwi continue à évoluer trop rapidement.
Ramollissement et Botrytis : deux problématiques qui peuvent se rejoindre
La conservation du kiwi ne se limite pas à l’éthylène.
Botrytis cinerea, responsable de pourritures grises, constitue également une problématique post-récolte connue du kiwi.
Or les fruits deviennent généralement plus vulnérables aux altérations fongiques lorsqu’ils perdent leur fermeté ou présentent des blessures.
Préserver la fermeté ne constitue donc pas uniquement un enjeu esthétique : cela participe également à la maîtrise globale de la qualité du lot pendant sa période de stockage.
Pourquoi simplement renouveler l’air de la chambre froide n’est-il pas toujours optimal ?
La ventilation avec de l’air extérieur peut participer à la dilution de l’éthylène. Mais cette approche possède une contrepartie évidente : l’air extérieur n’est généralement pas aux mêmes conditions de température et d’humidité que l’air de la chambre frigorifique.
Augmenter fortement le renouvellement d’air peut donc entraîner :
- une augmentation de la charge frigorifique ;
- des variations d’humidité ;
- des entrées d’air chaud ;
- une consommation énergétique supplémentaire ;
- une maîtrise moins précise des conditions de stockage.
Il peut donc être intéressant de traiter directement l’air en recirculation plutôt que de compter uniquement sur son renouvellement.
Bio Turbo : traiter l’éthylène directement dans l’air de la chambre froide
La technologie Bio Turbo de Miatech a été développée pour le traitement continu de l’air dans les environnements de stockage de produits frais. Son principe diffère d’un générateur d’ozone classique diffusant directement de l’ozone dans une pièce.
L’air de la chambre froide traverse l’équipement et passe successivement par plusieurs étapes de traitement.
1. Filtration de l’air
L’air aspiré traverse d’abord un système de filtration destiné à retenir les particules.
2. Traitement des contaminants aéroportés
Le procédé comporte ensuite une étape destinée au contrôle des contaminants transportés par l’air, notamment les spores.
3. Oxydation de l’éthylène dans une chambre interne
L’ozone est produit dans une chambre de réaction interne. C’est à l’intérieur de cette zone que son pouvoir oxydant est utilisé notamment pour dégrader l’éthylène présent dans le flux d’air.
Pour comprendre la réaction, consultez également notre article Pourquoi l’ozone fonctionne-t-il contre l’éthylène ?
4. Destruction de l’ozone avant restitution de l’air
Une étape catalytique finale reconvertit l’ozone résiduel avant que l’air traité soit rejeté dans l’environnement de stockage.
L’objectif n’est donc pas d’ozoner directement les kiwis ou l’atmosphère de travail. L’ozone est utilisé comme réactif dans le procédé interne de l’équipement.
Cette architecture est particulièrement intéressante lorsque le traitement doit fonctionner dans des chambres froides utilisées quotidiennement par le personnel. Le fonctionnement complet est détaillé sur notre page technologie Bio Turbo.
Quelle taille de Bio Turbo pour une chambre froide de kiwis ?
OXYTRADING propose plusieurs capacités afin d’adapter le traitement au volume de stockage.
À titre indicatif :
- Bio Turbo 100 : jusqu’à environ 100 m³ ;
- Bio Turbo 300 : jusqu’à environ 300 m³ ;
- Bio Turbo 1000 : jusqu’à environ 1 000 m³ ;
- Bio Turbo 6000 : jusqu’à environ 6 000 m³.
Ces volumes constituent des capacités nominales de gamme et ne remplacent pas une étude de dimensionnement.
Pour une installation professionnelle, plusieurs paramètres doivent être considérés :
- volume réel de la chambre ;
- tonnage de kiwis ;
- densité de stockage ;
- durée de stockage ;
- rotation des palettes ;
- fréquence d’ouverture des portes ;
- présence éventuelle d’autres fruits ;
- organisation de la circulation d’air ;
- concentration d’éthylène observée ;
- objectif de conservation recherché.
Vous pouvez retrouver l’ensemble des solutions OXYTRADING pour le contrôle de l’éthylène.
Combien peut coûter le ramollissement prématuré d’un stock de kiwis ?
Le raisonnement économique peut être effectué très simplement sans connaître le prix du système de traitement.
Il faut d’abord déterminer la valeur commerciale du stock exposé. En octobre 2026, certaines cotations professionnelles observées sur le marché de Lyon-Corbas pour du kiwi Hayward importé se situent autour de 3,90 € HT/kg.
Cette valeur n’est évidemment pas universelle : l’origine, la variété, le calibre, le conditionnement, la période de campagne et le niveau de commercialisation modifient le prix. Elle permet néanmoins d’établir un exemple réaliste.
Exemple avec une chambre contenant 100 tonnes de kiwis
Valeur indicative du stock : 100 000 kg × 3,90 €/kg = 390 000 €
Le raisonnement consiste ensuite à déterminer quelle fraction de cette valeur pourrait être préservée si la maîtrise de la maturation permet de réduire les pertes, déclassements ou ventes anticipées.
| Amélioration économique hypothétique | Valeur sur un stock de 100 t à 3,90 €/kg |
|---|---|
| 1 % | 3 900 € |
| 2 % | 7 800 € |
| 3 % | 11 700 € |
| 5 % | 19 500 € |
Ces pourcentages ne constituent pas une promesse de performance du Bio Turbo. Ils permettent simplement de mesurer la valeur économique d’un faible pourcentage de produit préservé.
Et sur une campagne entière ?
Le calcul devient encore plus intéressant lorsque la même chambre reçoit plusieurs lots au cours de la saison. Par exemple, si une installation traite successivement 500 tonnes de kiwis sur une campagne : 500 000 kg × 3,90 €/kg = 1 950 000 € de marchandise concernée.
À cette échelle :
- 1 % représente 19 500 € ;
- 2 % représentent 39 000 € ;
- 3 % représentent 58 500 € ;
- 5 % représentent 97 500 €.
Pour un exploitant, la bonne question n’est donc pas uniquement : « Combien coûte un système de traitement de l’éthylène ? » mais plutôt : « Quelle est la valeur annuelle des fruits dont la qualité dépend des conditions de stockage, et combien représente seulement 1 % de cette valeur ? »
Calcul simple à réaliser avec vos propres données
Vous pouvez reproduire le calcul sur votre exploitation : Tonnage annuel stocké × valeur moyenne du kiwi au kilogramme = valeur annuelle concernée
Puis : Valeur annuelle × taux de pertes ou déclassements potentiellement évitables = enjeu économique
Exemple : 800 tonnes × 2,50 €/kg = 2 000 000 € de kiwis stockés sur la campagne.
Une variation de seulement 1 % de la valeur commercialisable représente alors : 20 000 € par campagne.
Cette méthode permet d’étudier objectivement l’intérêt économique d’une amélioration du stockage sans avoir à supposer au préalable un niveau de performance.
Quels professionnels sont concernés ?
Le contrôle de l’éthylène du kiwi concerne notamment :
- producteurs de kiwis ;
- coopératives agricoles ;
- stations fruitières ;
- stations de conditionnement ;
- grossistes en fruits ;
- importateurs et exportateurs ;
- entrepôts frigorifiques ;
- plateformes logistiques ;
- centrales d’achat ;
- opérateurs conservant des fruits en atmosphère contrôlée.
Comment savoir si votre chambre froide présente un problème d’éthylène ?
Avant de dimensionner une solution, OXYTRADING recommande d’étudier plusieurs éléments.
- Quel est le volume de la chambre ?
- Quel tonnage de kiwi est stocké ?
- Quelle variété est concernée ?
- Quelle est la durée maximale de conservation recherchée ?
- Quelle est la température de stockage ?
- La chambre fonctionne-t-elle en atmosphère normale ou contrôlée ?
- D’autres fruits sont-ils présents dans la même zone ?
- Existe-t-il des différences de fermeté entre entrée et sortie ?
- Quel pourcentage du lot est déclassé ou devient trop mûr ?
- Disposez-vous de mesures d’éthylène en ppb ?
La mesure est particulièrement importante dans le cas du kiwi, car une instrumentation uniquement conçue pour mesurer des concentrations élevées en ppm peut ne pas être suffisamment sensible pour caractériser correctement une exposition de quelques ppb.
Bio Turbo peut-il remplacer le froid ou l’atmosphère contrôlée ?
Non. Le contrôle de l’éthylène est un élément complémentaire de la stratégie post-récolte.
Une bonne conservation du kiwi repose sur plusieurs paramètres simultanés :
- qualité du fruit à la récolte ;
- refroidissement rapide ;
- température maîtrisée ;
- humidité adaptée ;
- gestion de l’atmosphère lorsque cette technologie est utilisée ;
- hygiène du stockage ;
- limitation des blessures ;
- contrôle de l’éthylène.
Bio Turbo intervient sur ce dernier paramètre tout en participant au traitement de l’air circulant dans le stockage.
Pourquoi s’intéresser à quelques ppb lorsque l’on stocke des kiwis ?
Parce que le kiwi constitue un cas particulier. Pour de nombreux procédés industriels, quelques parties par milliard pourraient sembler négligeables.
Pour un lot de kiwis conservé plusieurs semaines ou plusieurs mois, elles peuvent devenir pertinentes. La documentation post-récolte disponible montre que le kiwi peut réagir à l’éthylène à des concentrations extrêmement faibles. C’est pourquoi le contrôle de ce gaz mérite d’être intégré dans l’analyse des chambres froides lorsque la fermeté diminue trop rapidement.
OXYTRADING étudie les installations de stockage de kiwis
OXYTRADING accompagne les producteurs, coopératives, stations fruitières et exploitants de chambres froides souhaitant étudier la maîtrise de l’éthylène.
Nous pouvons notamment analyser :
- le volume et la configuration des chambres ;
- les tonnages stockés ;
- la rotation des produits ;
- les sources possibles d’éthylène ;
- la circulation d’air ;
- le besoin de mesure ;
- le dimensionnement d’une solution Bio Turbo ;
- l’intérêt économique du projet en fonction de la valeur des marchandises stockées.
Vous constatez un ramollissement prématuré de vos kiwis ou souhaitez sécuriser une conservation longue durée ?
Transmettez-nous le volume de votre chambre froide, le tonnage moyen stocké, la variété de kiwi, la durée de stockage recherchée et, si vous en disposez, vos mesures d’éthylène. Nous pourrons étudier la configuration la plus adaptée.
Consultez également :
- Élimination de l’éthylène dans les lieux de stockage
- Pourquoi l’ozone élimine-t-il l’éthylène ?
- Fonctionnement de la technologie Bio Turbo
- Gamme Bio Turbo pour le contrôle de l’éthylène
- Bio Turbo pour les entrepôts et espaces de stockage
Questions fréquentes sur le kiwi et l’éthylène
Le kiwi produit-il de l’éthylène ?
Oui. Un kiwi non mûr en produit peu, mais sa production augmente fortement au cours de la maturation. Il est également extrêmement sensible à l’éthylène provenant d’autres fruits.
À partir de quelle concentration d’éthylène le kiwi peut-il ramollir ?
Les références post-récolte de l’UC Davis indiquent que des concentrations de seulement 5 à 10 ppb peuvent induire un ramollissement. Le kiwi fait donc partie des fruits nécessitant une attention particulière aux très faibles concentrations d’éthylène.
Le kiwi peut-il être stocké avec des pommes ?
Cette association doit être étudiée avec prudence. Les pommes peuvent constituer une source importante d’éthylène alors que le kiwi y est très sensible. Une séparation des produits ou un contrôle adapté de l’atmosphère est généralement préférable pour les stockages prolongés.
Une chambre froide suffit-elle à empêcher la maturation du kiwi ?
Non. Le froid ralentit fortement le métabolisme, mais le kiwi reste sensible à de très faibles concentrations d’éthylène même à basse température.
Bio Turbo diffuse-t-il de l’ozone sur les kiwis ?
Le principe de Bio Turbo est différent d’une ozonation directe de la chambre. L’ozone est utilisé à l’intérieur d’une chambre de réaction de l’appareil, puis passe par une étape catalytique avant restitution de l’air traité.
Peut-on dimensionner Bio Turbo uniquement avec le volume de la chambre ?
Le volume constitue un premier critère mais il est préférable d’intégrer également le tonnage, la durée de stockage, les rotations, les sources d’éthylène et la configuration de circulation de l’air.
Comment calculer l’intérêt économique d’un système de contrôle de l’éthylène ?
Il suffit dans un premier temps de multiplier le tonnage traité annuellement par la valeur moyenne du kiwi. Un seul point de pourcentage de cette valeur fournit immédiatement un ordre de grandeur de l’enjeu économique associé aux pertes et déclassements.

