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Ozone et Vibrio cholerae : quelle efficacité dans le traitement de l’eau ?

 

Vibrio cholerae est une bactérie hydrique principalement connue pour être responsable du choléra. Sa transmission est étroitement liée à la consommation d’eau ou d’aliments contaminés, ce qui fait de la désinfection de l’eau un élément essentiel de la maîtrise du risque.

Grâce à son très fort pouvoir oxydant, l’ozone est capable d’inactiver Vibrio cholerae dans l’eau. Comme pour tous les procédés de désinfection, l’efficacité dépend toutefois de la concentration réellement disponible, du temps de contact et de la qualité de l’eau traitée.

Cette application s’inscrit directement dans les procédés professionnels d’ozonation et de traitement de l’eau.

Qu’est-ce que Vibrio cholerae ?

 

Vibrio cholerae est une bactérie Gram négative présentant une forme incurvée caractéristique, souvent décrite comme une forme de virgule.

Certaines souches sont responsables du choléra, une maladie diarrhéique aiguë dont la transmission est principalement associée à la voie féco-orale.

La bactérie peut être retrouvée dans différents environnements aquatiques :

  • eaux de surface ;
  • eaux douces ;
  • eaux saumâtres ;
  • environnements côtiers ;
  • eaux contaminées par des rejets fécaux ;
  • eaux destinées à la consommation lorsque le traitement est insuffisant.

La maîtrise de la qualité microbiologique de l’eau constitue donc une barrière essentielle contre sa transmission.

 

Pourquoi l’ozone est-il intéressant contre Vibrio cholerae ?

 

L’ozone, de formule O3, possède un potentiel d’oxydation particulièrement élevé.

Lorsqu’il entre en contact avec une bactérie, il peut réagir avec plusieurs constituants cellulaires simultanément :

  • les lipides membranaires ;
  • les protéines ;
  • certaines enzymes ;
  • les composants de l’enveloppe cellulaire ;
  • différents constituants intracellulaires.

Cette action multiple peut provoquer une perte rapide d’intégrité de la cellule bactérienne et conduire à son inactivation.

 

Vibrio cholerae est-elle sensible à l’ozone ?

 

Oui. Vibrio cholerae fait partie des bactéries hydriques sensibles à l’ozonation.

La bactérie peut être rapidement inactivée lorsqu’elle est exposée à l’ozone dans une eau relativement propre.

La situation devient cependant plus exigeante lorsque l’eau contient des matières organiques ou d’autres composés capables de consommer l’ozone.

Cette distinction est fondamentale pour le dimensionnement industriel : une performance obtenue dans une eau de laboratoire ne peut pas être transposée directement à une eau brute, un effluent ou une eau de process.

 

Comment l’ozone est-il appliqué dans l’eau ?

 

L’ozone est généralement produit directement sur site à partir d’air préparé ou d’oxygène. Le gaz produit doit ensuite être transféré dans l’eau à l’aide d’un système adapté.

Les technologies utilisées peuvent notamment comprendre :

  • injecteur Venturi ;
  • mélangeur statique ;
  • boucle de recirculation ;
  • tour ou cuve de contact ;
  • système de diffusion spécifique.

OXYTRADING propose différents générateurs professionnels d’eau ozonée destinés aux applications de désinfection et de traitement de l’eau.

 

Pourquoi le CT est-il important ?

 

L’efficacité de l’ozone ne dépend pas uniquement de la concentration instantanée.

Elle est souvent évaluée à travers la notion de : CT = concentration d’ozone × temps de contact

Cela signifie qu’il faut simultanément considérer :

  • la concentration réellement dissoute ;
  • le temps pendant lequel cette concentration est maintenue ;
  • la vitesse de consommation de l’ozone ;
  • le niveau d’inactivation microbiologique recherché.

Une installation fournissant beaucoup d’ozone mais un temps de contact trop faible peut donc être moins performante qu’un système correctement équilibré.

 

Pourquoi la qualité de l’eau modifie-t-elle fortement l’efficacité ?

 

L’ozone n’est pas sélectif uniquement envers Vibrio cholerae. Il réagit également avec de nombreux autres composés présents dans l’eau.

Ces consommateurs d’ozone peuvent notamment être :

  • matières organiques ;
  • matières en suspension ;
  • fer ;
  • manganèse ;
  • nitrites ;
  • certains composés réduits ;
  • micro-organismes divers.

Une eau fortement chargée peut donc consommer une partie importante de l’ozone avant même que celui-ci n’atteigne les bactéries cibles.

 

Pourquoi une filtration préalable peut-elle améliorer l’ozonation ?

 

Les particules peuvent jouer deux rôles défavorables. Elles peuvent d’une part consommer l’ozone et, d’autre part, protéger physiquement certains micro-organismes contre le désinfectant.

Une filière de traitement peut donc associer :

  1. clarification ;
  2. filtration ;
  3. ozonation ;
  4. traitement complémentaire si nécessaire.

Cette logique multibarrière permet d’améliorer la robustesse microbiologique du procédé.

 

Ozone et eau potable

 

L’ozone est utilisé depuis longtemps comme désinfectant primaire dans certaines filières de traitement de l’eau potable.

Il peut remplir plusieurs fonctions au sein d’une même installation :

  • inactivation microbiologique ;
  • oxydation de certains micropolluants ;
  • oxydation du fer et du manganèse ;
  • réduction de certains goûts et odeurs ;
  • préparation de l’eau à des traitements en aval.

L’ozonation ne doit toutefois pas être confondue avec une protection rémanente du réseau.

Comme l’ozone se décompose relativement rapidement, une désinfection complémentaire peut rester nécessaire lors de la distribution de l’eau.

 

Ozone primaire et désinfection secondaire : quelle différence ?

 

Une désinfection primaire vise principalement à inactiver les micro-organismes dans la station ou l’unité de traitement.

Une désinfection secondaire vise à maintenir une protection dans le réseau jusqu’au point d’utilisation.

L’ozone est particulièrement performant comme désinfectant primaire, mais sa faible rémanence signifie qu’il ne joue pas toujours le même rôle qu’un désinfectant résiduel.

 

Quel intérêt pour les eaux industrielles ?

 

Vibrio cholerae constitue avant tout un sujet sanitaire lié aux eaux contaminées, mais les principes de dimensionnement utilisés pour son inactivation illustrent plus largement les règles applicables aux traitements microbiologiques industriels.

Ces principes concernent notamment :

  • l’analyse de la demande en ozone ;
  • le transfert gaz/liquide ;
  • le temps de contact ;
  • la mesure du résiduel ;
  • la validation microbiologique.

OXYTRADING présente différentes applications dans son dossier consacré aux applications professionnelles du traitement par ozone.

Pourquoi mesurer l’ozone dissous ?

 

Connaître uniquement la production du générateur, exprimée en grammes d’ozone par heure, ne permet pas de connaître l’exposition réellement subie par les bactéries.

La mesure de l’ozone dissous permet de vérifier :

  • que le transfert gaz/liquide fonctionne correctement ;
  • que l’ozone n’est pas totalement consommé immédiatement ;
  • qu’un résiduel est présent dans la zone de contact ;
  • que les conditions de fonctionnement restent reproductibles.

Cette mesure constitue donc un paramètre essentiel pour piloter et valider une installation professionnelle.

 

Quels paramètres influencent l’inactivation de Vibrio cholerae ?

 

Concentration d’ozone

Une concentration suffisante doit être réellement présente dans l’eau au contact de la bactérie.

Temps de contact

L’inactivation augmente généralement avec la durée effective d’exposition.

Matière organique

Elle constitue souvent l’un des principaux facteurs de consommation de l’ozone.

Température

La température influence à la fois la stabilité de l’ozone et la cinétique des réactions.

pH

Le pH influence la chimie de l’ozone et notamment sa décomposition en espèces radicalaires.

Turbidité

Les particules peuvent consommer l’oxydant et protéger certaines bactéries.

Hydraulique

Une mauvaise distribution de l’eau ou des zones de court-circuit hydraulique peuvent réduire le temps de contact réel.

 

Faut-il utiliser une cuve de contact ?

 

Dans certaines installations, une cuve ou une tour de contact est utilisée afin de garantir une durée suffisante entre l’injection d’ozone et la sortie du procédé.

La conception doit éviter autant que possible :

  • les courts-circuits hydrauliques ;
  • les zones mortes ;
  • les dégazages incontrôlés ;
  • les pertes excessives d’ozone.

Le gaz résiduel provenant de la phase de contact peut également nécessiter un destructeur d’ozone avant rejet dans l’atmosphère.

 

Attention aux bromates

Dans les eaux contenant des bromures, l’ozonation peut entraîner la formation de bromates dans certaines conditions.

Cette problématique doit être prise en compte notamment pour les applications liées à l’eau potable.

Les paramètres influençant cette formation comprennent notamment :

  • la concentration initiale en bromures ;
  • la dose d’ozone ;
  • le pH ;
  • le temps de contact ;
  • la composition globale de l’eau.

Une analyse préalable de l’eau est donc indispensable lorsqu’une telle problématique est susceptible d’exister.

 

L’ozone permet-il de traiter une eau fortement contaminée sans prétraitement ?

 

Pas nécessairement. Une eau fortement chargée peut présenter une demande en ozone tellement élevée qu’un prétraitement devient plus rationnel.

Il peut par exemple être pertinent de réduire auparavant :

  • les matières en suspension ;
  • la turbidité ;
  • certaines matières organiques ;
  • certains composés fortement consommateurs d’ozone.

L’ozonation devient alors plus sélective et plus efficace pour l’étape microbiologique.

 

Ozone seul ou procédé multibarrière ?

 

Pour les applications sanitaires exigeantes, une stratégie multibarrière est généralement la plus robuste.

L’ozone peut notamment être associé à :

  • filtration ;
  • ultrafiltration ;
  • charbon actif ;
  • UV-C ;
  • autre désinfection secondaire.

Le choix dépend de la qualité initiale de l’eau et de la qualité finale recherchée.

 

Quels sont les avantages de l’ozone contre Vibrio cholerae ?

 

  • fort pouvoir bactéricide ;
  • action rapide lorsque l’eau présente une faible demande en ozone ;
  • production du désinfectant directement sur site ;
  • absence de stockage massif d’un produit désinfectant ;
  • possibilité d’automatiser la production ;
  • possibilité de mesurer directement l’ozone dissous ;
  • intégration possible dans une filière multibarrière.

 

L’ozone est-il efficace contre Vibrio cholerae ?

 

Oui. Vibrio cholerae fait partie des bactéries particulièrement sensibles à l’ozonation de l’eau. Son inactivation peut être rapide lorsque l’ozone est correctement dissous et que la demande en oxydant de l’eau reste maîtrisée. La performance réelle d’une installation dépend néanmoins de nombreux paramètres : concentration, temps de contact, qualité de l’eau, turbidité, pH, température et hydraulique.

L’ozone doit donc être intégré dans une filière correctement dimensionnée et validée sur la qualité réelle de l’eau à traiter.

 

Questions fréquentes sur Vibrio cholerae et l’ozone

 

L’ozone est-il efficace contre Vibrio cholerae ?

Oui. Une inactivation rapide de Vibrio cholerae lorsque la bactérie est exposée à une concentration suffisante d’ozone dans l’eau.

L’ozone peut-il être utilisé pour désinfecter de l’eau potable ?

Oui. L’ozone est utilisé comme désinfectant primaire dans certaines filières de production d’eau potable.

Pourquoi l’ozone est-il moins efficace dans une eau chargée ?

Parce qu’une partie de l’ozone est consommée par les matières organiques et les autres composés oxydables avant d’atteindre les bactéries.

L’ozone remplace-t-il systématiquement une désinfection rémanente ?

Non. L’ozone se décompose rapidement et ne garantit donc pas toujours une protection microbiologique durable dans un réseau de distribution.

Faut-il tester l’eau avant de dimensionner le générateur ?

Oui. Le débit seul ne suffit pas : la composition physico-chimique de l’eau influence directement la demande en ozone et la puissance nécessaire.

Étudier un traitement microbiologique par ozone

Le dimensionnement d’une installation d’ozonation doit prendre en compte le débit, les caractéristiques de l’eau, la concentration microbiologique initiale, le niveau de réduction recherché et le temps de contact disponible.

OXYTRADING accompagne les professionnels dans les essais, pilotes, analyses d’application, dimensionnements et intégrations de solutions d’ozonation pour le traitement de l’eau.


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